« Esprits et créatures du Japon et Histoires de fantômes du Japon »

Auteur : Lafcadio Hearn  

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre illustré – fantastique

Date de parution : 02/12/2020 pour Esprits et créatures et 27/11/2019 pour Histoires de fantômes

Nombre de pages : 172 pour Esprits et créatures et 208 pour Histoires de fantômes

Prix : 31,05€ (prix Belgique)

Après ma lecture du sublime « Les chroniques de l’érable et du cerisier », je continue mon voyage au pays du soleil levant avec ces deux livres « Esprits et créatures du Japon et Histoires de fantômes du Japon » de Lafcadio Hearn, magnifiés par mon illustrateur préféré que je ne vous présente plus : Benjamin Lacombe.

Ces deux livres regroupent des contes et légendes japonais surnaturels que Lafcadio Hearn, écrivain américain installé au Japon, a collecté à la fin des années 1800.

Les livres présentent les légendes par thèmes. Un est beaucoup plus centré sur les fantômes et esprits « humains » alors que le second parle des créatures fantastiques et des esprits animaliers.

Les histoires en tant que telles ne sont pas spécialement effrayantes ou même très distrayantes à lire, il faut plutôt voir ces ouvrages comme une découverte des traditions et croyances japonaises au travers des contes et légendes. J’ai beaucoup appris sur les « Inari », esprits renards qui peuvent être bons ou malveillants et les apparitions fantomatiques, qui ne sont pas forcément vues comme négatives, contrairement à la plupart des légendes européennes.

Il y a également une biographie de l’écrivain Lafcadio Hearn et des avant-propos permettant de mieux comprendre les légendes présentées et le contexte dans lequel Lafcadio les a recueillies. Nous avons également des explications sur la place des contes et légendes et les croyances au Japon jusqu’au XIXème siècle.

A choisir entre les deux livres, j’ai légèrement préféré celui parlant des esprits et créatures plutôt que celui des fantômes (sans doute parce que j’adore les animaux).

Par contre, le travail de Benjamin Lacombe est, une fois de plus, époustouflant dans les deux ouvrages! Il a sublimé les contes avec ses illustrations qui ont déjà à la base un incroyable potentiel fantastique et mystérieux. J’ai pris beaucoup de temps à admirer les détails de chaque dessin présent dans les deux ouvrages.

Les livres sont également très beaux en eux-même et sont de beaux objets de collection. 

En bref, une lecture plutôt éducative que distrayante, à conseiller pour en apprendre plus sur les traditions et croyances japonaises et un travail d’illustration de Benjamin Lacombe qui est comme toujours superbe et distingué.

PS: Les photos arriveront plus tard car j’ai prêté les deux livres et j’attends de les récupérer pour vous montrer la beauté des livres en détail.

« Les chroniques de l’érable et du cerisier »

Auteur : Camille Monceaux

Genre : Historique – drame – quête personnelle

Date de parution : 27/08/2020

Maison d’édition : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 416 pages

Prix : 20,50€ (prix Belgique)

Première de couverture des « chroniques de l’érable et du cerisier ».

Me voici avec un avis très enthousiaste sur le premier tome des « Chroniques de l’érable et du cerisier ».

« Ichirô est un bébé qui a été recueilli par un ancien samouraï et sa servante Oba qui vivent en ermites dans les montagnes japonaises. Il n’avait que pour tout signe distinctif un pendentif en forme de feuille d’érable.

Son enfance se passe au rythme des saisons, de l’apprentissage de la voie du sabre et de la vie en symbiose avec la nature. Il y apprendra les joies et aussi les peines de la vie.

Alors âgé de 12 ans, un évènement terrible l’obligera à quitter seul sa montagne protectrice et il devra alors apprendre à vivre et se débrouiller seul dans la grande ville d’Edo. Amitiés, trahisons et surtout quête personnelle afin de découvrir qui il est, mais aussi la fomentation de sa vengeance contre les hommes qui l’ont poussé à quitter son havre de paix. »

Que dire de ce livre si ce n’est que je l’ai dévoré et que j’ai été transportée par sa poésie !

Il y a tellement de choses que j’ai aimées dans ce livre que je vais tâcher de résumer les points qui m’ont le plus séduites.

Je pense que le principal coup de cœur pour moi vient du superbe travail d’écriture de Camille Monceaux ! Le texte est doux, très poétique, rend hommage à la nature japonaise et aux petits moments, joyeux ou tristes, de la vie d’Ichirô. Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu un livre qui m’a fait autant vibrer par la qualité de sa rédaction.

J’ai également beaucoup apprécié les personnages de l’histoire. Tout d’abord notre héro Ichirô dans sa quête personnelle, qui s’égare parfois mais revient toujours dans le droit chemin. Mais également Daichi, le poète loufoque, Shin, l’ami fidèle que se fera Ichirô à Edo, Oba, la douce et tendre vieille dame qui fût une réelle grand-mère pour notre héro, le maître, à la fois mystérieux et sévère mais qui aime profondément son protégé. Je les ai tous aimé et j’ai même versé quelques larmes sur le sort d’un en particulier.

La retranscription du Japon féodal est également époustouflante de réalisme et m’a appris énormément de choses sur le passé de ce pays que je rêve de visiter un jour. La voie du sabre, le début du théâtre Kabuki, les codes et la hiérarchie des courtisanes… C’est un monde fascinant à découvrir et parfaitement décrit par l’auteure !

Alors que je suis friande habituellement de romans où l’intrigue ne prend pas des centaines de pages à se mettre en place, j’ai savouré la lenteur imposée dans le récit. En effet, l’intrigue principale ne se développe pas beaucoup dans ce premier tome mais les toutes petites intrigues et aventures qui ponctuent la vie d’Ichirô sont savoureuses et font que les 400 pages du roman se tournent sans aucun moment de lassitude. Ce roman se contemple, comme une superbe peinture ou un paysage merveilleux, en prenant le temps d’observer les détails et les nuances qui font de cette histoire un petit bijou. Chaque petite action, rencontre, fait avancer lentement mais sûrement le récit et permettent à Ichirô de se construire et d’avancer dans sa quête.

Lors de la dernière centaine de pages, l’intrigue s’accélère légèrement et le final donne envie d’en savoir plus sur la suite… vivement la sortie du tome 2 ! J’ai d’ailleurs ressenti beaucoup de tristesse au moment de tourner la dernière page tellement j’ai adoré ma lecture.

Et puis l’objet livre est vraiment superbe ! Que ce soit par l’illustration de couverture ou les tranches du livre colorées et à motifs. Tout est beau, tout est poétique dans ce roman.

Les jolies tranches colorées du roman.

En bref, une lecture absolument belle, douce, poétique et envoutante. Il me tarde de retrouver Ichirô afin d’en apprendre plus (je l’espère) sur son passé et sa destinée. Après réflexion, je peux dire que ce premier tome est un réel coup de coeur!

Quatrième de couverture et résumé du roman.

En bref, une lecture absolument belle, douce, poétique et envoutante. Il me tarde de retrouver Ichirô afin d’en apprendre plus (je l’espère) sur son passé et sa destinée.

« Harry Potter – Le traité des baguettes et le traité des balais »

Auteur : Monique Peterson pour les baguettes et Jody Revenson pour les balais

Maison d’édition : Huginn & Muninn

Genre : Beau livre – Documentaire film 

Date de parution : 10/11/2017 pour les baguettes et 30/10/2020 pour les balais

Nombre de pages : 154 pour les baguettes et 146 pour les balais

Prix : 29,95€ (prix Belgique)

Livres « le traité des baguettes » et « le traité des balais et autres artefacts du monde magique ».

Me voici avec la présentation de deux livres de la collection Huginn & Muninn qui parlent pour l’un des baguettes et l’autre des balais du merveilleux monde d’Harry Potter.

Collectionneuse HP oblige, j’achète beaucoup de livres qui parlent de l’univers d’Harry Potter et qui révèlent les secrets et anecdotes du tournage et détaillent l’univers beaucoup plus en profondeur.

Première de couverture du « traité des baguettes ».

Le traité des baguettes reprend toutes les baguettes des personnages des films et sont classées selon différents thèmes : élèves de Poudlard, professeurs, forces du mal… Nous y retrouvons également des informations sur ce qu’est une baguette, le choix de sa baguette ou encore les mouvements des sortilèges et la mise en place des chorégraphies dans les films.

Les photographies sont de très grande qualité, permettant de voir les détails qui peuvent nous échapper durant les scènes des films. Les informations et anecdotes quant à elles sont succinctes mais complètes. Je retrouve d’ailleurs la qualité documentaire qui caractérise les ouvrages d’Huginn et Muninn.

Première de couverture du « traité des balais et autres artefacts du monde magique ».

Le traité des balais, quant à lui, ne parle pas uniquement des balais car ils sont moins diversifiés dans la saga par rapport aux baguettes. 

Nous retrouvons donc les balais divisés en différentes catégories, comme dans le premier ouvrage : l’Ordre du Phénix, la bataille des sept Potter… Mais également plus d’infos générales sur le Quidditch, l’achat du balais, l’apprentissage du vol. 

En fait, cet ouvrage fait plus référence à des scènes où l’on aperçoit les balais plutôt que de parler des balais en eux-mêmes et de leurs différences.

Cet ouvrage est toujours de très grande qualité par rapport aux informations et aux photographies.

Le petit plus de ces ouvrages est le format atypique qui convient très bien aux formes allongées et fines qu’ont les baguettes et les balais. Ils se distinguent très fort dans ma bibliothèque et sont très beaux à regarder.

Même si j’apprécie les deux ouvrages, j’ai quand même un petit faible pour le traité des baguettes plutôt que celui des balais. Je suppose que cela vient du fait que les baguettes sont beaucoup plus présentes et ont un intérêt et un rôle important dans la saga Harry Potter.

En bref, des ouvrages très beaux, très intéressants et complets pour les grands fans du petit sorcier à lunettes. Par contre, si vous ne deviez en choisir qu’un seul, je vous conseille plutôt le traité des baguettes.

« Renouveau – Twisted tale »

Auteur : Jen Calonita

Genre : Fantastique – Disney – Conte

Date de parution : 30/10/2019

Maison d’édition : Hachette – Heroes

Nombre de pages : 302 pages

Prix : 18,35€ (prix Belgique)

Première de couverture de « Renouveau » et mon petit Olaf adoré!

Et si Anna et Elsa ne s’étaient jamais rencontrées ? Voici le postulat de ce roman qui revisite le désormais classique et cultissime dessin animé Disney « La reine des neiges ».

Cela faisait quelques mois déjà que les livres revisités des Disney (Villains et twisted tale) me tentaient sans pour autant oser franchir le pas. En effet, j’avais peur de trouver des romans fades qui ont pour unique but de vendre et de ramasser un maximum d’argent en un minimum d’efforts (et tout le monde sait comme la firme aux grandes oreilles aime le fric… Oui oui c’est toi que je vise le hot-dog du Casey’s Corner à 8€ !)

J’ai eu la chance de recevoir ce livre-ci par des amis à l’occasion de mon anniversaire et ce fût pour moi le moment de découvrir l’univers des « twisted tale ». Bien que mes aprioris se sont révélés en partie fondés, l’histoire s’est montrée plus originale, recherchée et agréable que je ne le pensais.

« Alors qu’Elsa vit seule dans le château d’Arendelle avec ses parents, cette dernière souffre de la solitude et ressent un étrange vide qu’elle ne peut expliquer. 

A la mort de ses parents, Elsa s’enferme encore plus sur elle-même et va découvrir des secrets dont elle n’aurait pas dû prendre connaissance si tôt : elle a une sœur cachée qui a été effacée de sa mémoire.

Elsa va donc partir à la recherche de sa sœur afin de réparer le passé et tenter de découvrir sa véritable nature. »

L’idée est en effet très originale, beaucoup plus originale que je ne l’aurais cru! Le scénario est dans l’ensemble bien mené même si l’on se doute des tenants et aboutissants du roman (ça reste un Disney après tout et tout fini toujours bien pour les gentils !) L’exercice n’a cependant pas dû être facile par rapport à une nouvelle création car l’auteure devait respecter le caractère des personnages et certains événements tout en les intégrants dans une histoire inédite !

De plus, l’histoire est assez agréable à lire et permet de passer un bon moment sans prise de tête. Il n’est également pas difficile de se représenter les lieux et personnages car on les connaît du dessin animé.

Mais on ressent malgré ces atouts indéniables que le livre est là pour vendre et donc le vocabulaire n’est pas assez riche, recherché et la structuration des phrases est quant à elle complètement bateau ! Sujet, verbe, complément et c’est bon comme ça. Un peu de recherche lexicale et d’effort dans la rédaction auraient permis d’amener le roman à un niveau plus qualitatif.

Un autre point qui m’a perturbée et dérangée est que l’auteure réutilise certains dialogues et paroles de chansons tels quels dans le texte. C’est assez gênant d’avoir des visions du dessin animé lors de certains passages alors que le livre conte une histoire différente. Et chanter dans sa tête certains dialogues n’est pas le top non plus (oui je connais par cœur les chansons du film et j’aime les chanter casser les oreilles à mon entourage).

Je me laisserai sûrement tenter à l’avenir par quelques autres « twisted tale » et peut-être même des « villains », série que je ne connais pas encore, mais uniquement ceux de mes Disney préférés ! Je trouve que la qualité reste un peu trop faible pour que je me mette à acheter la collection au complet (et il commence à y en avoir beaucoup !)

Hormis ces aspects, le livre « Renouveau » permet de passer un moment agréable et régressif sans prise de tête. Les gentils gagnent et les méchants sont punis, que demander de mieux ? Après cette lecture, je me suis sentie libérée, délivrée (oui je me devais de le faire) et d’attaque pour des lectures plus ardues !

« Bambi »

Auteur : Felix Salten 

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel jeunesse 

Genre : Beau livre – livre illustré – nature – conte

Date de parution : 18/11/2020 

Nombre de pages : 176

Prix : 31,25€ (prix Belgique)

En continuant ma collection d’œuvres illustrées par Benjamin Lacombe, je me devais d’acquérir cette beauté qu’est cette édition de Bambi.

Ne connaissant que l’histoire par le dessin animé Disney, je n’étais pas une grande fan de cette histoire qui m’a toujours semblée creuse, vieillotte et tournée afin de décrocher les larmes du téléspectateur. Mais découvrir le texte original m’a fait changer d’avis.

En effet, le récit est une réelle ode à la nature. On sent que Felix Salten était amoureux d’elle et l’a retranscrite avec beaucoup de justesse et de poésie. Il nous livre la nature telle qu’elle est, sans artifices, magnifique tout en étant cruelle, calme et à la fois survoltée… Je pouvais presque sentir l’odeur d’humus et entendre le vent au travers des feuillages lors de ma lecture.

J’avais également peur que le texte soit lourd à lire vu qu’il a presque 100 ans mais ce ne fût pas du tout le cas, les pages se sont enchaînées sans que je ne m’en rende compte. J’ai beaucoup aimé l’évolution du récit rythmé par les 4 saisons : l’hiver rude, cruel, le printemps prometteur de bonnes choses et l’été représentant le bonheur et l’insouciance.

L’écriture m’a fait ressentir les émotions des animaux comme si j’étais à leur place lors de leurs joies, peines et peurs… D’ailleurs, n’appréciant pas la chasse de manière générale, l’histoire m’a encore plus mise en colère et refroidie contre cette pratique plus ou moins barbare selon le type pratiqué. Et quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai appris que Felix Salten était lui-même chasseur ! Quel étrange paradoxe que de réussir à se mettre à la place de ses proies et pourtant continuer ce « loisir »…

J’ai également apprécié les notes expliquant plus en détail le contexte d’écriture de l’ouvrage et le fait qu’il fût interdit par les Nazis à l’aube de la seconde guerre mondiale car ils y voyaient une allégorie au traitement qu’ils réservaient aux Juifs. J’ai donc prêté attention aux détails qui pouvaient refléter cela lors de ma lecture et ce que je peux en déduire, c’est que les Nazis étaient sacrément paranos en plus des autres horreurs dont ils sont coupables !

Cette histoire est absolument enchanteresse mais les illustrations apportent clairement la touche de magie et de mystère nécessaire pour que cet ouvrage soit un pur chef d’œuvre !

Tantôt avec énormément de détails et de couleurs lors des moments calmes, paisibles et tantôt crayonnées au fusain pour représenter les moments de fuites et de peurs, elles font vivre le texte, apportent de la profondeur à l’histoire et permettent d’accentuer les émotions décrites.

Le travail précis et délicat sur certaines pages avec des découpes du papier qui représentent les branches et les feuilles est absolument superbe !

Exemple de découpes pour représenter la forêt.

Ce classique que j’ai (re)découvert était un moment magique et hors du temps qui m’a donné envie de découvrir d’autres classiques que Disney a transposé (dénaturé ?) à l’écran.

En clair, un classique à redécouvrir si comme moi vous ne connaissez que la version « Disney » car il est absolument magnifique, poétique et magique. Une ode et déclaration d’amour à la forêt et à la nature, à la vie et à la mort.

Quatrième de couverture de « Bambi ».

« Vampyria – La Cour des ténèbres »

Auteur : Victor Dixen

Genre : Fantastique – Uchronie

Date de parution : 15/10/2020

Maison d’édition : Robert Laffont – collection R 

Nombre de pages : 496 pages

Prix : 16,75€ (prix Belgique)

Première de couverture de Vampyria.

Me voici avec la chronique d’une nouvelle saga plus que prometteuse : Vampyria – La Cour des ténèbres.

Après avoir commencé la série malheureusement annulée de Netflix « La Révolution », je cherchais des livres dans l’ambiance de la série et c’est là que j’ai découvert ce nouveau roman. 

Couverture attirante et mystérieuse, résumé ne dévoilant pratiquement rien de l’intrigue… C’est avec une bonne impression que je débute ma lecture.

Jeanne est une roturière vivant à la Butte-aux-rats, un petit village perdu en Vampyria. Depuis presque 3 siècles, le Roy Louis XIV s’est transformé en vampyre de même qu’une partie de sa Cour. Depuis, les humains non-nobles doivent respecter différentes règles dont le fait de donner son sang chaque mois, ne pas sortir après le coucher du soleil et de ne pas s’éloigner de sa zone de parcage.

Suite à divers évènements tragiques, Jeanne se voit dans l’obligation de prendre l’identité d’une jeune Baronne de sa région et est prise sous l’aile d’un vampire qui la conduira à Versailles, à la Grande écurie.

La Grande écurie accueille la progéniture de nobles humains. Ils suivent des cours et participent à une compétition acharnée afin de devenir écuyer du Roy et par la suite devenir vampires.

Jeanne, devenue Diane, se jure de venger sa famille en éliminant le Roy et la Cour. Elle devra donc devenir la meilleure élève de sa promotion et apprendre tout d’un monde qu’elle ignore.

Clairement, ce premier tome plein d’action (et de sang) a répondu à toutes mes attentes !

Le rythme est soutenu, il n’y a aucun temps mort et les pages s’enchaînent sans qu’on s’en rende compte.

L’univers est bien expliqué et il ne faut pas longtemps afin de se retrouver plongé dedans. De plus, la présence de cartes (j’aime les cartes) et de la hiérarchie de la Vampyria en début de roman aident à la compréhension de l’histoire.

L’ambiance de la Grande écurie m’a également plue, entre complots, ragots, mensonges et calculs afin de parvenir à ses fins.

J’ai beaucoup aimé le cadre de l’histoire, évoquant le XVIIème/XVIIIème siècle alors que l’histoire se passe dans les années 2000 (du fait du règne vampirique, peu de chose ont évolué depuis l’époque de la transmutation du Roy).

Enfin, les passages où l’on parle des vampires et des créations vampiriques telles que les roses de sang ou les cavales vampiriques sont très créatifs et sans filtre, n’hésitant pas à mettre l’horreur en avant. J’ai beaucoup apprécié ces moments mais je pense que ça risque de déranger les personnes ne raffolant pas du trash et de l’hémoglobine.

Par contre, j’ai eu légèrement du mal à m’attacher à Jeanne/Diane car je n’étais pas toujours d’accord avec ses actions ou sa manière de penser, contrairement à son amie Naoko ou encore à Tristan. J’attends de voir l’évolution de son personnage lors du prochain tome afin de me faire un avis plus définitif sur elle.

Enfin, le roman se termine avec un retournement de situation auquel je ne m’attendais pas et qui donne envie de connaître la suite lors du prochain tome.

En clair, un premier tome efficace et prometteur, sans temps mort et qui donne envie de lire la suite ! A éviter par contre si on n’apprécie pas les moments sanglants et « gores ».

Quatrième de couverture de Vampyria.

« L’Ickabog – édition luxe »

Auteur : J. K. Rowling

Genre : Fantastique – conte 

Date de parution : 03/12/2020

Maison d’édition : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 400 pages

Prix : 35€ (prix Belgique)

Première de couverture de L’Ickabog.

Un nouveau roman de J. K. Rowling, c’est toujours un événement ! Après ses essais dans le roman pour adultes avec « Une place à prendre » et les romans policiers sous le charmant (ou pas) pseudonyme de Robert Galbraith, J. K. nous revient avec un très beau conte fantastique pour petits et grands.

L’Ickabog raconte l’histoire du prospère royaume de Cornucopia, réputé par-delà ses frontières. Le roi Fred-sans-effroi est assez fier et vaniteux mais a malgré ces défauts un bon fond. Il est également assez naïf et se laisse souvent manipuler par ses deux fidèles conseillers Lord Crachinay et Lord Flapoon.

Un jour, alors qu’il est vexé par les commentaires d’une petite fille qui le traite d’égoïste, le roi décide de se rendre dans les marécages du Nord pour combattre l’Ickabog, une créature légendaire et surtout inventée, afin de répondre à la requête d’un berger et réfuter les accusations de la fillette.

L’expédition vire alors au drame et les deux conseillers en profitent pour prendre le pouvoir et transformer le roi en pantin.

Suite aux manigances et mensonges des deux lords afin de maintenir leur emprise sur le roi, le royaume sombre peu à peu dans la terreur et la pauvreté, un état totalitaire se mettant doucement en place.

Après de longues années où le peuple et le royaume sont à l’agonie, deux adolescents vont cependant se rendre dans les marécages du Nord afin de découvrir la réalité sur l’Ickabog. Ils tenteront de libérer le pays du règne de terreur et des mensonges de Crachinay et de Flapoon.

Quel plaisir de retrouver J.K. Rowling avec de la littérature jeunesse ! Surtout que cet Ickabog est un conte savoureux et tellement beau !

Inutile de vous dire que j’ai beaucoup aimé ce conte parlant de sujets graves et de valeurs importantes : le mensonge et la difficulté de le faire perdurer, la manière dont une dictature se met en place en instrumentalisant les peurs, le courage, la loyauté, la fidélité en ses convictions.

Comme dans tout conte, les personnages sont assez caricaturaux mais cela les rend soit attachants soit exécrables au possible.

L’histoire est à la fois drôle et touchante et porte un message mettant en garde contre les manipulations en tout genre. Le livre s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes, proposant différents niveaux de lecture.

Le gros coup de cœur vient pour moi de la présence de dessins d’enfants qui agrémentent chaque chapitre. Je trouve cette idée tellement géniale et quelle fierté cela doit être pour les enfants sélectionnés ! 

En plus, l’édition de luxe est vraiment très belle mais le format plus grand pourrait en déranger certains (pas facile de le lire au lit par exemple).

Bref, un conte qui replonge en enfance, à lire bien au chaud avec une tasse de chocolat chaud.

Quatrième de couverture de L’Ickabog.

« Bordeterre »

Auteur : Julia Thévenot

Genre : Fantastique 

Date de parution : 04/03/2020

Maison d’édition : Sarbacane – Exprim’

Nombre de pages : 544 pages

Prix : 18€ (prix Belgique)

Première de couverture de Bordeterre.

Me voici avec une chronique sur l’étonnant et déroutant roman Bordeterre.

Nous faisons donc la connaissance de Tristan, un garçon de 16 ans, calme, logique et n’aimant pas trop les contacts sociaux… Un peu normal vu son autisme ! Ainsi que de sa sœur Inès, 12 ans, bagarreuse quand on cherche des noises à son frère et que l’on pourrait qualifier de garçon manqué. 

En vacances, alors qu’ils se promènent avec leur chien Pégase, celui-ci disparait et nos héros se lancent à sa poursuite… Pour finir dans un monde parallèle au leur : Bordeterre

Inès et Tristan se retrouvent donc débordés dans ce second plan de réalité et doivent se faire une place au sein de cette ville étrange, tout en gérant les souvenirs de leur ancienne vie qui s’effacent petit à petit.

Séparés, chacun découvrira une facette différente de cette ville. Inès sera prise sous l’aile de Philadelphe, un noble de Bordeterre et deviendra grâce à lui apprentie cordiste afin récupérer le quartz dans le plan zéro. En effet, les habitants de Bordeterre ont besoin du quartz pour que leurs chansons agissent comme des formules magiques. Tristan, quant à lui, se rapprochera d’un groupe de rebelles qui veut mettre fin à la dictature qui sévit en ces lieux.

Alors alors… Il n’est pas toujours facile de donner un avis objectif sur un livre, et en particulier un premier roman mais je vais tâcher de le faire du mieux possible (et je rappelle que cet avis n’engage que moi).

Si je me suis lancée dans la lecture de ce livre, c’est parce que j’en avais entendu beaucoup de bien de la part de plusieurs magazines car je n’avais pas connaissance de la sortie du roman. 

De plus, la couverture est vraiment belle avec ce bleu profond et ses dorures. Et comme je suis facilement influencée par la couverture des livres… J’ai donc démarré ma lecture confiante suite aux avis plus que bons que j’avais pu lire jusque-là (et grâce à cette très jolie couv’).

C’est là que j’ai commencé à être un peu déboussolée et que ma lecture prendra des semaines à s’achever…

Tout d’abord au niveau du style d’écriture : très direct, avec des coupures de phrases et des retours à la ligne pas toujours justifiés. Il m’a fallu un peu de temps pour apprivoiser ce style auquel je suis peu habituée. 

Ensuite le rythme de l’histoire. Je me suis souvent retrouvée perdue car nous sommes débarqués dans un univers totalement nouveau et il faut le temps de prendre ses marques et ses repères. J’ai au moins pu me mettre plus facilement à la place d’Inès et de Tristan. Ça aurait pu être moins dérangeant si la ville avait été plus détaillée. En effet, j’ai eu énormément de mal à me représenter Bordeterre et ses alentours, ce qui rend la projection dans l’histoire beaucoup plus complexe.

Mais le point qui m’a le plus dérangée, c’est que j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages sauf sur la dernière centaine de pages du roman… Et en plus ce n’était même pas les personnages principaux !

Je pense que l’auteure a voulu décrire un monde et une intrigue tellement complexes qu’elle a laissé de côté le développement de ses personnages, ce qui est un peu dommage. Je pense notamment à l’autisme de Tristan qu’on décrit assez bien au début de l’histoire puis qui disparait pratiquement une fois arrivé à Bordeterre, le rendant juste un peu différent des autres.

J’ai eu beaucoup plus de mal avec Inès car elle m’a énervée une bonne partie de l’histoire ! Je n’arrivais pas à l’imaginer comme une enfant de 12 ans mais plus comme une ado de 16 ans avec des attitudes de gamine de 8 ans. Ce n’est que réellement vers la fin du livre que je me suis un peu prise d’affection pour elle.

Les seuls personnages auxquels j’ai éprouvé un sentiment d’attachement étaient Alma et Philadelphe (alors qu’il était plutôt parti pour être un antagoniste).

Je pense que le récit aurait mérité d’être raconté en deux volumes, plutôt qu’en one shot pour réellement dévoiler son potentiel. Cela aurait notamment pallié le manque d’approfondissement des personnages et de Bordeterre.

En dehors de ces aspects plutôt négatifs, l’histoire était très imaginative et intrigante. Je pense notamment à l’utilisation du chant qui agit sur l’environnement comme de la magie. C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas laissé tomber ma lecture et que je suis allée jusqu’au bout. Ce n’est que vers les 2/3 du livre que j’ai vraiment accroché et terminé en une traite ce roman.

J’ai également aimé les passages dans le plan zéro et la description des monstres qui y habitent. C’est en partie pour en apprendre plus sur eux que j’ai continué ma lecture.

Le thème de dictature et des rebelles voulant la renverser m’a également séduite.

Un autre point qui m’a plu est que les héros et antagonistes ne sont ni tout noir ni tout blanc. Chacun (à part exception) a une part d’ombre et de lumière en lui, ce qui rend l’intrigue et les intérêts de chacun plus réalistes.

En clair, une lecture où il faut se faire son propre avis. Personnellement, je l’ai finalement appréciée mais il a fallu que je m’y accroche. Et surtout, j’ai appris qu’il ne faut surtout pas se fier aux avis que l’on rencontre (et à la couverture), car le charme promis n’a pas totalement opéré sur moi.

Quatrième de couverture de Bordeterre avec le synopsis.

« L’étonnante famille Appenzell »

Auteur : Sébastien Perez

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre illustré – fantastique

Date de parution : 14/10/2020 

Nombre de pages : 80

Prix : 19,90€ (prix Belgique)

Première de couverture de « L’étonnante famille Appenzell ».

Tiens, encore un livre illustré par le talentueux Benjamin Lacombe ! Pour ceux qui me suivent depuis quelques temps, je suis une fan du travail de cet illustrateur et je collectionne les ouvrages auxquels il collabore.

Avec « L’étonnante famille Appenzell », nous suivons Victoria Appenzell, qui découvre l’histoire de sa famille par le biais de photographies et de lettres rassemblées par sa grand-mère.

Tout commence par la naissance de son arrière-grand-père dans une famille de banquiers renommés. Le petit, défiguré, est considéré à la limite du paria. Il s’enfuira avec un cirque de monstres car il y trouva son grand amour. 

S’en suit le récit de la famille, présentant les divers membres qui la compose, tous aussi atypiques et étranges les uns des autres. Nous traversons également les époques et les hauts et les bas qui jalonnent la vie de la famille. »

J’ai clairement adoré cette histoire totalement fantaisiste et poétique, mettant en avant la différence et lui rendant hommage. D’ailleurs, le fil conducteur de l’histoire est celui-ci : « La vraie monstruosité n’est pas celle qui se voit ». 

Le thème, l’ambiance et les illustrations m’ont directement fait penser à l’univers des films de Tim Burton (Edward aux mains d’argent et Big Fish en particulier, mais également au livre/film Miss Peregrine et les Enfants particuliers). Sombre et naïf, à la limite du macabre et résolument poétique.

Les illustrations faisant penser à de vieilles photographies et tableaux sont toutes plus sublimes les unes que les autres. Le talent et la renommée de Benjamin Lacombe ne sont plus à démontrer.

Et puis le livre en lui-même est vraiment très beau ! La couverture en imitation cuir et l’écriture en dorure sont juste superbes !

Le seul bémol (si on peut appeler ça un bémol) que je puisse trouver à cette histoire est qu’elle est trop courte ! J’aurais aimé en découvrir encore plus car j’ai adoré et ai été transportée par cet univers. Mais comme le dit le célèbre (et agaçant) proverbe : « Toutes les bonnes choses ont une fin. »

Un ouvrage que je ne peux que recommander tant par la beauté du livre, des illustrations et la poésie de l’histoire totalement enivrante. Une ode à la différence et à la particularité sensible et délicate.

Quatrième de couverture de « L’étonnante famille Appenzell ».

« Journaux troublés »

Auteur : Sébastien Perez

Illustrateur : Marco Mazzoni

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre graphique/B.D. – psychologie

Date de parution : 26/08/2020 

Nombre de pages : 104

Prix : 24,85€

Première de couverture de « Journaux troublés ».

Me voici avec une chronique sur un livre qui m’a tout de suite attirée de par les illustrations mais aussi par le thème abordé : les troubles psychologiques.

L’histoire commence comme une bande dessinée plutôt classique. Nous suivons deux promeneurs, en quête de lieux abandonnés. Ils découvrent alors un ancien asile qui semble habité par les fantômes des anciens patients. Dans un bureau, ils y trouvent les journaux des pensionnaires de l’asile.

Le récit bascule alors, nous présentant un court texte issu du journal des patients et d’une illustration animalière, métaphore de la maladie mentale. Les pages suivantes expliquent le trouble associé à l’extrait de journal et à l’illustration. 

A la toute fin, un poster assemblant les différentes illustrations nous révèle l’origine de chacun des troubles.

Ce livre est très joliment réalisé. Les illustrations animalières évoquant tantôt la boulimie, tantôt le narcissisme, tantôt d’autres troubles sont à la fois sombres et pourtant poétiques.

Extrait d’un journal et illustration sur les personnalités multiples.

Le récit, quant à lui, permet de découvrir des maladies mentales connues et méconnues. Les extraits de journaux sont percutants et le style d’écriture reflète parfaitement la maladie évoquée.

Le final est aussi très émouvant quand nous comprenons le sort qu’ont subi les patients de l’asile.

En bref, Une lecture à la fois poétique et sombre, mettant en lumière les troubles psychologiques et rendant hommage aux personnes qui en souffrent. Les illustrations sont toutes sublimes et apportent l’ambiance si particulière de cet ouvrage.