« Esprits et créatures du Japon et Histoires de fantômes du Japon »

Auteur : Lafcadio Hearn  

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre illustré – fantastique

Date de parution : 02/12/2020 pour Esprits et créatures et 27/11/2019 pour Histoires de fantômes

Nombre de pages : 172 pour Esprits et créatures et 208 pour Histoires de fantômes

Prix : 31,05€ (prix Belgique)

Après ma lecture du sublime « Les chroniques de l’érable et du cerisier », je continue mon voyage au pays du soleil levant avec ces deux livres « Esprits et créatures du Japon et Histoires de fantômes du Japon » de Lafcadio Hearn, magnifiés par mon illustrateur préféré que je ne vous présente plus : Benjamin Lacombe.

Ces deux livres regroupent des contes et légendes japonais surnaturels que Lafcadio Hearn, écrivain américain installé au Japon, a collecté à la fin des années 1800.

Les livres présentent les légendes par thèmes. Un est beaucoup plus centré sur les fantômes et esprits « humains » alors que le second parle des créatures fantastiques et des esprits animaliers.

Les histoires en tant que telles ne sont pas spécialement effrayantes ou même très distrayantes à lire, il faut plutôt voir ces ouvrages comme une découverte des traditions et croyances japonaises au travers des contes et légendes. J’ai beaucoup appris sur les « Inari », esprits renards qui peuvent être bons ou malveillants et les apparitions fantomatiques, qui ne sont pas forcément vues comme négatives, contrairement à la plupart des légendes européennes.

Il y a également une biographie de l’écrivain Lafcadio Hearn et des avant-propos permettant de mieux comprendre les légendes présentées et le contexte dans lequel Lafcadio les a recueillies. Nous avons également des explications sur la place des contes et légendes et les croyances au Japon jusqu’au XIXème siècle.

A choisir entre les deux livres, j’ai légèrement préféré celui parlant des esprits et créatures plutôt que celui des fantômes (sans doute parce que j’adore les animaux).

Par contre, le travail de Benjamin Lacombe est, une fois de plus, époustouflant dans les deux ouvrages! Il a sublimé les contes avec ses illustrations qui ont déjà à la base un incroyable potentiel fantastique et mystérieux. J’ai pris beaucoup de temps à admirer les détails de chaque dessin présent dans les deux ouvrages.

Les livres sont également très beaux en eux-même et sont de beaux objets de collection. 

En bref, une lecture plutôt éducative que distrayante, à conseiller pour en apprendre plus sur les traditions et croyances japonaises et un travail d’illustration de Benjamin Lacombe qui est comme toujours superbe et distingué.

PS: Les photos arriveront plus tard car j’ai prêté les deux livres et j’attends de les récupérer pour vous montrer la beauté des livres en détail.

« Bambi »

Auteur : Felix Salten 

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel jeunesse 

Genre : Beau livre – livre illustré – nature – conte

Date de parution : 18/11/2020 

Nombre de pages : 176

Prix : 31,25€ (prix Belgique)

En continuant ma collection d’œuvres illustrées par Benjamin Lacombe, je me devais d’acquérir cette beauté qu’est cette édition de Bambi.

Ne connaissant que l’histoire par le dessin animé Disney, je n’étais pas une grande fan de cette histoire qui m’a toujours semblée creuse, vieillotte et tournée afin de décrocher les larmes du téléspectateur. Mais découvrir le texte original m’a fait changer d’avis.

En effet, le récit est une réelle ode à la nature. On sent que Felix Salten était amoureux d’elle et l’a retranscrite avec beaucoup de justesse et de poésie. Il nous livre la nature telle qu’elle est, sans artifices, magnifique tout en étant cruelle, calme et à la fois survoltée… Je pouvais presque sentir l’odeur d’humus et entendre le vent au travers des feuillages lors de ma lecture.

J’avais également peur que le texte soit lourd à lire vu qu’il a presque 100 ans mais ce ne fût pas du tout le cas, les pages se sont enchaînées sans que je ne m’en rende compte. J’ai beaucoup aimé l’évolution du récit rythmé par les 4 saisons : l’hiver rude, cruel, le printemps prometteur de bonnes choses et l’été représentant le bonheur et l’insouciance.

L’écriture m’a fait ressentir les émotions des animaux comme si j’étais à leur place lors de leurs joies, peines et peurs… D’ailleurs, n’appréciant pas la chasse de manière générale, l’histoire m’a encore plus mise en colère et refroidie contre cette pratique plus ou moins barbare selon le type pratiqué. Et quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai appris que Felix Salten était lui-même chasseur ! Quel étrange paradoxe que de réussir à se mettre à la place de ses proies et pourtant continuer ce « loisir »…

J’ai également apprécié les notes expliquant plus en détail le contexte d’écriture de l’ouvrage et le fait qu’il fût interdit par les Nazis à l’aube de la seconde guerre mondiale car ils y voyaient une allégorie au traitement qu’ils réservaient aux Juifs. J’ai donc prêté attention aux détails qui pouvaient refléter cela lors de ma lecture et ce que je peux en déduire, c’est que les Nazis étaient sacrément paranos en plus des autres horreurs dont ils sont coupables !

Cette histoire est absolument enchanteresse mais les illustrations apportent clairement la touche de magie et de mystère nécessaire pour que cet ouvrage soit un pur chef d’œuvre !

Tantôt avec énormément de détails et de couleurs lors des moments calmes, paisibles et tantôt crayonnées au fusain pour représenter les moments de fuites et de peurs, elles font vivre le texte, apportent de la profondeur à l’histoire et permettent d’accentuer les émotions décrites.

Le travail précis et délicat sur certaines pages avec des découpes du papier qui représentent les branches et les feuilles est absolument superbe !

Exemple de découpes pour représenter la forêt.

Ce classique que j’ai (re)découvert était un moment magique et hors du temps qui m’a donné envie de découvrir d’autres classiques que Disney a transposé (dénaturé ?) à l’écran.

En clair, un classique à redécouvrir si comme moi vous ne connaissez que la version « Disney » car il est absolument magnifique, poétique et magique. Une ode et déclaration d’amour à la forêt et à la nature, à la vie et à la mort.

Quatrième de couverture de « Bambi ».

« L’étonnante famille Appenzell »

Auteur : Sébastien Perez

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre illustré – fantastique

Date de parution : 14/10/2020 

Nombre de pages : 80

Prix : 19,90€ (prix Belgique)

Première de couverture de « L’étonnante famille Appenzell ».

Tiens, encore un livre illustré par le talentueux Benjamin Lacombe ! Pour ceux qui me suivent depuis quelques temps, je suis une fan du travail de cet illustrateur et je collectionne les ouvrages auxquels il collabore.

Avec « L’étonnante famille Appenzell », nous suivons Victoria Appenzell, qui découvre l’histoire de sa famille par le biais de photographies et de lettres rassemblées par sa grand-mère.

Tout commence par la naissance de son arrière-grand-père dans une famille de banquiers renommés. Le petit, défiguré, est considéré à la limite du paria. Il s’enfuira avec un cirque de monstres car il y trouva son grand amour. 

S’en suit le récit de la famille, présentant les divers membres qui la compose, tous aussi atypiques et étranges les uns des autres. Nous traversons également les époques et les hauts et les bas qui jalonnent la vie de la famille. »

J’ai clairement adoré cette histoire totalement fantaisiste et poétique, mettant en avant la différence et lui rendant hommage. D’ailleurs, le fil conducteur de l’histoire est celui-ci : « La vraie monstruosité n’est pas celle qui se voit ». 

Le thème, l’ambiance et les illustrations m’ont directement fait penser à l’univers des films de Tim Burton (Edward aux mains d’argent et Big Fish en particulier, mais également au livre/film Miss Peregrine et les Enfants particuliers). Sombre et naïf, à la limite du macabre et résolument poétique.

Les illustrations faisant penser à de vieilles photographies et tableaux sont toutes plus sublimes les unes que les autres. Le talent et la renommée de Benjamin Lacombe ne sont plus à démontrer.

Et puis le livre en lui-même est vraiment très beau ! La couverture en imitation cuir et l’écriture en dorure sont juste superbes !

Le seul bémol (si on peut appeler ça un bémol) que je puisse trouver à cette histoire est qu’elle est trop courte ! J’aurais aimé en découvrir encore plus car j’ai adoré et ai été transportée par cet univers. Mais comme le dit le célèbre (et agaçant) proverbe : « Toutes les bonnes choses ont une fin. »

Un ouvrage que je ne peux que recommander tant par la beauté du livre, des illustrations et la poésie de l’histoire totalement enivrante. Une ode à la différence et à la particularité sensible et délicate.

Quatrième de couverture de « L’étonnante famille Appenzell ».

« Le magicien d’Oz »

Auteur : Lyman Frank Baum – Sébastien Perez

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel

Genre : Beau livre – jeunesse – classique

Date de parution : 07/11/2018 

Nombre de pages : 120

Prix : 28,55€ (prix Belgique)

première de couverture

Me voici avec un classique de la littérature enfantine anglophone, revu et illustré par Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Le magicien d’Oz, un roman et un film culte et pourtant… Je n’avais ni jamais lu le livre original, ni vu les adaptations cinématographiques de cette histoire !

C’est maintenant chose faite avec cette adaptation en livre illustré. En effet, ce livre ne contient pas le texte original mais bien une retranscription personnelle de l’histoire par l’auteur Sébastien Perez et les illustrations de Benjamin Lacombe. L’histoire nous est ici contée par l’épouvantail et le texte a été fluidifié et la légèreté d’écriture permet une lecture rapide, plaisante et accessible à tous. 

Même si l’écriture est légère, ce n’est pas pour autant qu’elle n’est pas riche ou vide de sens. Je pense, et c’est mon avis personnel, que les adaptations de ce genre permettent la connaissance d’œuvres classiques à un public plus large que les versions originales, parfois trop pompeuses ou complexes à lire pour les lecteurs occasionnels ou les plus jeunes… et c’est tant mieux !

Voici le résumé proposé sur la quatrième de couverture : Quand ils se rencontrent au Pays du magicien d’Oz, Dorothy ne peut pas rentrer chez elle, l’homme de fer n’a pas de cœur, le lion manque de courage et l’épouvantail qui nous raconte leurs aventures est sans cerveau. Effrayés par le pouvoir d’Oz et des sorcières, ils trouveront en eux ce qu’ils cherchaient ailleurs.

En plus du récit, une analyse de l’histoire en fin d’ouvrage permet de mieux comprendre le contexte dans lequel a été écrit ce roman et les thèmes/critiques qui en découlent.

Nous retrouvons d’ailleurs le thème du capitalisme et de la toute puissance du dollar au travers des dessins et de la palette des verts employée tout au long du livre. 

Illustration avec la dominante de vert présente dans tout l’ouvrage.

Ce qui m’a le plus séduit au niveau de l’écriture est sans doute la manière dont l’épouvantail nous conte ses aventures : simple, naïve sans détours ou suppositions. Il va droit au but et c’est rafraichissant de trouver un personnage aussi simple et sincère alors que dans la société actuelle, nous devons constamment peser nos mots et tourner notre langue sept fois dans notre bouche avant de parler.

Quant aux illustrations, elles sont absolument magnifiques ! Je suis absolument et totalement fan du travail de Benjamin Lacombe et je me suis lancée dans la collection des livres qu’il illustre (bon, ça va me prendre du temps car il y en a déjà une petite série et les prix ne sont pas donnés). 

Les illustrations, en nuances de vert, font référence à l’art nouveau et à l’art déco et sont un réel plaisir pour les yeux.

Rencontre de Dorothy avec l’épouvantail.

Il s’agit d’un ouvrage de qualité, aussi bien par le superbe travail d’écriture (ce n’est pas évident de remettre un classique au goût du jour tout en ne dénaturant pas l’histoire originale) et par l’extrême beauté des dessins mettant en valeur les thèmes et valeurs abordés dans le roman.

Il me tarde de découvrir les autres classiques illustrés de cette collection, dirigée par Benjamin Lacombe lui-même, même s’il n’est pas l’illustrateur des autres livres.

Quatrième de couverture.
Exemple d’illustration du livre.

Alice au pays des merveilles, illustré par Benjamin Lacombe

Attention, voici un ouvrage qui risque de vous faire succomber !

Auteur : Lewis Carroll, traduit par Henri Parisot

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Genre: Beau livre – Fantastique

Date de parution: 04/12/2015

Prix : 30,95€ (prix Belgique)

Maison d’édition : Soleil – métamorphose

Nombre de pages : 298

Alice au pays des merveilles, tout le monde connaît ! Que ce soit le texte du livre de Lewis Carroll, le dessin animé de Disney ou les deux adaptations cinématographiques avec Johnny Depp, cette histoire mythique ne laisse personne indifférent !

Je pense que c’est un récit ou soit on y adhère à 100%, soit on le déteste. Comme vous pouvez l’imaginer, je suis dans le clan de ceux qui y adhèrent.

Alors pourquoi parler d’un livre dont tout le monde connaît l’histoire ? Tout simplement car je vais plutôt parler de l’objet livre et de l’illustrateur exceptionnel qu’est Benjamin Lacombe.

Dès que j’ai vu cet ouvrage sortir, j’ai été subjuguée par la beauté de ce bouquin. Dessins magnifiques et inquiétants, reflétant bien l’univers loufoque de Carroll. Il ne m’en a pas fallu plus pour ajouter cet ouvrage dans ma wishlist des livres indispensables. Pourtant, je possédais déjà l’histoire dans un livre format poche, mais l’attrait pour cette couverture sublime m’a décidée à l’acquérir.

Étant une gourmande en matière de lecture, j’ai constaté qu’il existait un coffret avec deux livres : Alice au pays des merveilles et Alice, de l’autre côté du miroir, soit la suite des aventures d’Alice au pays des merveilles. J’ai évidemment commandé (enfin plutôt demandé à mon cher amoureux pour Noël) le coffret tant convoité.

Coffret contenant les deux tomes

Alors je vais devoir décevoir dès à présent les personnes désirant le coffret : celui-ci n’est plus édité ! Si vous voulez les deux livres, il vous faudra les acheter séparément et donc ne pas bénéficier du petit coffret, lui aussi richement illustré, contenant les deux ouvrages.

Maintenant que la déception a été révélée, je vais pouvoir passer à la description de ce petit bijou.

Le livre débute par une préface de Benjamin Lacombe par Henri Parisot. On y dresse un portrait de Carroll et de sa vie à l’époque Victorienne. Texte court qui permet de mieux appréhender l’état d’esprit dans lequel se trouvait l’auteur au moment de l’écriture de son livre. Cette préface est agréable et éclaire sur ce personnage fascinant.

Ensuite débute l’histoire à proprement parler. La lecture est fluide et ponctuée des sublimes dessins et peintures de Benjamin Lacombe. Il n’y a pas à dire, il a un sacré talent ! Non content de proposer uniquement des illustrations rentrant sur une page, il offre des toiles à déplier, représentant les changements de tailles d’Alice et me replonge en enfance, à déplier avec excitation et plaisir les doubles pages. Seul petit regret, ces pages sont très fragiles ! à manier avec précautions donc !

La lecture se poursuit et arrive déjà la fin de l’histoire. Quel plaisir ce bouquin ! En plus des très belles images, le texte est quant à lui écrit avec des tailles de polices différentes et disposé joliment sur les pages.

Après l’histoire se trouve des reproductions de la correspondance entre Lewis Carroll et Alice Liddell, la fillette qui lui inspira ses deux histoires. Les échanges sont agrémentés de photographies de l’auteur lui-même ! Un petit supplément permettant de mieux comprendre le lien étroit et parfois ambigu le reliant à cette fillette devenue jeune femme au moment de l’écriture du deuxième roman.

Enfin se trouve « notes et notices » qui donne des explications complémentaires, notamment comment le traducteur à su transposer les jeux de mots de la langue de Shakespeare vers la langue de Molière. Il y a également une ligne du temps avec les moments forts et importants de la vie de l’écrivain.

À la toute fin se trouve les biographies et bibliographies de Lewis Carroll, Benjamin Lacombe et Henri Parisot. Étant tombée sous le charme du travail de Lacombe, cette bibliographie s’est montrée fort utile afin de découvrir les autres ouvrages de l’illustrateur, qui est également auteur ! De quoi ajouter de nombreux ouvrages dans mes projets et envies lecture. 

En bref, je suis tombée sous le charme de cette histoire si connue et qui pourtant a trouvé un souffle nouveau grâce à l’immense talent de son illustrateur et de son traducteur. Un livre magnifique, que ce soit pour les contenus additionnels à l’histoire et pour les images à la fois poétiques et sombres qu’il contient. Si vous deviez commencer une collection de livres illustrés, vous pouvez sans hésiter foncer sur cette version d’Alice au pays des merveilles et sa suite, Alice, de l’autre côté du miroir… Enfin, sauf si vous faites partie du clan qui déteste l’histoire et l’univers d’Alice…