« Edward Gorey – une anthologie »

Première de couverture du livre « Edward Gorey – Une anthologie ».

Illustrateur : Edward Gorey

Maison d’édition : Le tripode 

Genre : livre graphique/B.D. drame/humour noir

Date de parution : 10/10/2019

Nombre de pages : 104

Prix : 16€

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vais vous parler d’une compilation d’histoires écrites et dessinées par Edward Gorey.

Edward Gorey est un illustrateur Américain singulier, né en 1925 et décédé en 2000. Il est connu pour son style farfelu et noir, mêlant univers enfantin et glauque.

Si vous êtes fans de l’univers et des dessins de Tim Burton, vous trouverez votre bonheur en lisant cette anthologie car Edward Gorey n’est autre qu’une des sources d’inspiration du réalisateur.

Dans ce recueil, vous retrouverez les enfants fichus, avec pour toile de fond la mort triste, horrible ou absurde d’enfants, un pour chaque lettre de l’alphabet. Ambiance donc… Mais si vous êtes adeptes de l’humour noir, c’est un vrai régal.

L’enfant guigne quant à lui raconte l’histoire d’une petite fille issue d’une famille riche qui, par un concours de circonstance, va se retrouver orpheline. La pauvre petite va alors vivre drames et tragédies… d’où le titre d’enfant guigne.

L’aile ouest est un récit sans texte qui présente une grande maison bourgeoise et ses « habitants ». Les planches donnent un sentiment de malaise car aucune explication n’est donnée. Seule notre imagination nous sert à créer l’histoire qui se présente sous nos yeux.

Dans « Total zoo », nous découvrons des animaux farfelus issus de l’imagination d’Edward Gorey. Comme dans « les enfants fichus », chaque animal représente une lettre de l’alphabet.

Enfin, le coupable détestable raconte l’histoire d’un couple qui a réellement existé et qui a enlevé, abusé et tué plusieurs jeunes enfants. Bien que le thème soit horrible, Edward Gorey ne verse jamais dans le sensationnalisme et le voyeurisme malsain mais parvient, par son écriture et ses dessins, à donner une ambiance glauque qui donne froid dans le dos.

Les illustrations sont très simples, uniquement en noir et blanc mais dégagent quelque chose de sinistre et de torturé, avec une pointe de facétie. Je comprends mieux pourquoi Tim Burton l’a adoré et s’en est inspiré.

En bref, il s’agit d’un ouvrage qui ravira les adeptes de Tim Burton, d’humour noir et d’ambiance glauque. Par contre, si vous cherchez une écriture légère, ce n’est décidément pas la lecture qu’il vous faut.

Quatrième de couverture de « Edward Gorey – Une anthologie ».

« Journaux troublés »

Auteur : Sébastien Perez

Illustrateur : Marco Mazzoni

Maison d’édition : Soleil – Métamorphose 

Genre : Beau livre – livre graphique/B.D. – psychologie

Date de parution : 26/08/2020 

Nombre de pages : 104

Prix : 24,85€

Première de couverture de « Journaux troublés ».

Me voici avec une chronique sur un livre qui m’a tout de suite attirée de par les illustrations mais aussi par le thème abordé : les troubles psychologiques.

L’histoire commence comme une bande dessinée plutôt classique. Nous suivons deux promeneurs, en quête de lieux abandonnés. Ils découvrent alors un ancien asile qui semble habité par les fantômes des anciens patients. Dans un bureau, ils y trouvent les journaux des pensionnaires de l’asile.

Le récit bascule alors, nous présentant un court texte issu du journal des patients et d’une illustration animalière, métaphore de la maladie mentale. Les pages suivantes expliquent le trouble associé à l’extrait de journal et à l’illustration. 

A la toute fin, un poster assemblant les différentes illustrations nous révèle l’origine de chacun des troubles.

Ce livre est très joliment réalisé. Les illustrations animalières évoquant tantôt la boulimie, tantôt le narcissisme, tantôt d’autres troubles sont à la fois sombres et pourtant poétiques.

Extrait d’un journal et illustration sur les personnalités multiples.

Le récit, quant à lui, permet de découvrir des maladies mentales connues et méconnues. Les extraits de journaux sont percutants et le style d’écriture reflète parfaitement la maladie évoquée.

Le final est aussi très émouvant quand nous comprenons le sort qu’ont subi les patients de l’asile.

En bref, Une lecture à la fois poétique et sombre, mettant en lumière les troubles psychologiques et rendant hommage aux personnes qui en souffrent. Les illustrations sont toutes sublimes et apportent l’ambiance si particulière de cet ouvrage.