Auteur : Julia Thévenot
Genre : Fantastique
Date de parution : 04/03/2020
Maison d’édition : Sarbacane – Exprim’
Nombre de pages : 544 pages
Prix : 18€ (prix Belgique)

Me voici avec une chronique sur l’étonnant et déroutant roman Bordeterre.
Nous faisons donc la connaissance de Tristan, un garçon de 16 ans, calme, logique et n’aimant pas trop les contacts sociaux… Un peu normal vu son autisme ! Ainsi que de sa sœur Inès, 12 ans, bagarreuse quand on cherche des noises à son frère et que l’on pourrait qualifier de garçon manqué.
En vacances, alors qu’ils se promènent avec leur chien Pégase, celui-ci disparait et nos héros se lancent à sa poursuite… Pour finir dans un monde parallèle au leur : Bordeterre
Inès et Tristan se retrouvent donc débordés dans ce second plan de réalité et doivent se faire une place au sein de cette ville étrange, tout en gérant les souvenirs de leur ancienne vie qui s’effacent petit à petit.
Séparés, chacun découvrira une facette différente de cette ville. Inès sera prise sous l’aile de Philadelphe, un noble de Bordeterre et deviendra grâce à lui apprentie cordiste afin récupérer le quartz dans le plan zéro. En effet, les habitants de Bordeterre ont besoin du quartz pour que leurs chansons agissent comme des formules magiques. Tristan, quant à lui, se rapprochera d’un groupe de rebelles qui veut mettre fin à la dictature qui sévit en ces lieux.
Alors alors… Il n’est pas toujours facile de donner un avis objectif sur un livre, et en particulier un premier roman mais je vais tâcher de le faire du mieux possible (et je rappelle que cet avis n’engage que moi).
Si je me suis lancée dans la lecture de ce livre, c’est parce que j’en avais entendu beaucoup de bien de la part de plusieurs magazines car je n’avais pas connaissance de la sortie du roman.
De plus, la couverture est vraiment belle avec ce bleu profond et ses dorures. Et comme je suis facilement influencée par la couverture des livres… J’ai donc démarré ma lecture confiante suite aux avis plus que bons que j’avais pu lire jusque-là (et grâce à cette très jolie couv’).
C’est là que j’ai commencé à être un peu déboussolée et que ma lecture prendra des semaines à s’achever…
Tout d’abord au niveau du style d’écriture : très direct, avec des coupures de phrases et des retours à la ligne pas toujours justifiés. Il m’a fallu un peu de temps pour apprivoiser ce style auquel je suis peu habituée.
Ensuite le rythme de l’histoire. Je me suis souvent retrouvée perdue car nous sommes débarqués dans un univers totalement nouveau et il faut le temps de prendre ses marques et ses repères. J’ai au moins pu me mettre plus facilement à la place d’Inès et de Tristan. Ça aurait pu être moins dérangeant si la ville avait été plus détaillée. En effet, j’ai eu énormément de mal à me représenter Bordeterre et ses alentours, ce qui rend la projection dans l’histoire beaucoup plus complexe.
Mais le point qui m’a le plus dérangée, c’est que j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages sauf sur la dernière centaine de pages du roman… Et en plus ce n’était même pas les personnages principaux !
Je pense que l’auteure a voulu décrire un monde et une intrigue tellement complexes qu’elle a laissé de côté le développement de ses personnages, ce qui est un peu dommage. Je pense notamment à l’autisme de Tristan qu’on décrit assez bien au début de l’histoire puis qui disparait pratiquement une fois arrivé à Bordeterre, le rendant juste un peu différent des autres.
J’ai eu beaucoup plus de mal avec Inès car elle m’a énervée une bonne partie de l’histoire ! Je n’arrivais pas à l’imaginer comme une enfant de 12 ans mais plus comme une ado de 16 ans avec des attitudes de gamine de 8 ans. Ce n’est que réellement vers la fin du livre que je me suis un peu prise d’affection pour elle.
Les seuls personnages auxquels j’ai éprouvé un sentiment d’attachement étaient Alma et Philadelphe (alors qu’il était plutôt parti pour être un antagoniste).
Je pense que le récit aurait mérité d’être raconté en deux volumes, plutôt qu’en one shot pour réellement dévoiler son potentiel. Cela aurait notamment pallié le manque d’approfondissement des personnages et de Bordeterre.
En dehors de ces aspects plutôt négatifs, l’histoire était très imaginative et intrigante. Je pense notamment à l’utilisation du chant qui agit sur l’environnement comme de la magie. C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas laissé tomber ma lecture et que je suis allée jusqu’au bout. Ce n’est que vers les 2/3 du livre que j’ai vraiment accroché et terminé en une traite ce roman.
J’ai également aimé les passages dans le plan zéro et la description des monstres qui y habitent. C’est en partie pour en apprendre plus sur eux que j’ai continué ma lecture.
Le thème de dictature et des rebelles voulant la renverser m’a également séduite.
Un autre point qui m’a plu est que les héros et antagonistes ne sont ni tout noir ni tout blanc. Chacun (à part exception) a une part d’ombre et de lumière en lui, ce qui rend l’intrigue et les intérêts de chacun plus réalistes.
En clair, une lecture où il faut se faire son propre avis. Personnellement, je l’ai finalement appréciée mais il a fallu que je m’y accroche. Et surtout, j’ai appris qu’il ne faut surtout pas se fier aux avis que l’on rencontre (et à la couverture), car le charme promis n’a pas totalement opéré sur moi.


