« Bambi »

Auteur : Felix Salten 

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel jeunesse 

Genre : Beau livre – livre illustré – nature – conte

Date de parution : 18/11/2020 

Nombre de pages : 176

Prix : 31,25€ (prix Belgique)

En continuant ma collection d’œuvres illustrées par Benjamin Lacombe, je me devais d’acquérir cette beauté qu’est cette édition de Bambi.

Ne connaissant que l’histoire par le dessin animé Disney, je n’étais pas une grande fan de cette histoire qui m’a toujours semblée creuse, vieillotte et tournée afin de décrocher les larmes du téléspectateur. Mais découvrir le texte original m’a fait changer d’avis.

En effet, le récit est une réelle ode à la nature. On sent que Felix Salten était amoureux d’elle et l’a retranscrite avec beaucoup de justesse et de poésie. Il nous livre la nature telle qu’elle est, sans artifices, magnifique tout en étant cruelle, calme et à la fois survoltée… Je pouvais presque sentir l’odeur d’humus et entendre le vent au travers des feuillages lors de ma lecture.

J’avais également peur que le texte soit lourd à lire vu qu’il a presque 100 ans mais ce ne fût pas du tout le cas, les pages se sont enchaînées sans que je ne m’en rende compte. J’ai beaucoup aimé l’évolution du récit rythmé par les 4 saisons : l’hiver rude, cruel, le printemps prometteur de bonnes choses et l’été représentant le bonheur et l’insouciance.

L’écriture m’a fait ressentir les émotions des animaux comme si j’étais à leur place lors de leurs joies, peines et peurs… D’ailleurs, n’appréciant pas la chasse de manière générale, l’histoire m’a encore plus mise en colère et refroidie contre cette pratique plus ou moins barbare selon le type pratiqué. Et quelle ne fût pas ma surprise quand j’ai appris que Felix Salten était lui-même chasseur ! Quel étrange paradoxe que de réussir à se mettre à la place de ses proies et pourtant continuer ce « loisir »…

J’ai également apprécié les notes expliquant plus en détail le contexte d’écriture de l’ouvrage et le fait qu’il fût interdit par les Nazis à l’aube de la seconde guerre mondiale car ils y voyaient une allégorie au traitement qu’ils réservaient aux Juifs. J’ai donc prêté attention aux détails qui pouvaient refléter cela lors de ma lecture et ce que je peux en déduire, c’est que les Nazis étaient sacrément paranos en plus des autres horreurs dont ils sont coupables !

Cette histoire est absolument enchanteresse mais les illustrations apportent clairement la touche de magie et de mystère nécessaire pour que cet ouvrage soit un pur chef d’œuvre !

Tantôt avec énormément de détails et de couleurs lors des moments calmes, paisibles et tantôt crayonnées au fusain pour représenter les moments de fuites et de peurs, elles font vivre le texte, apportent de la profondeur à l’histoire et permettent d’accentuer les émotions décrites.

Le travail précis et délicat sur certaines pages avec des découpes du papier qui représentent les branches et les feuilles est absolument superbe !

Exemple de découpes pour représenter la forêt.

Ce classique que j’ai (re)découvert était un moment magique et hors du temps qui m’a donné envie de découvrir d’autres classiques que Disney a transposé (dénaturé ?) à l’écran.

En clair, un classique à redécouvrir si comme moi vous ne connaissez que la version « Disney » car il est absolument magnifique, poétique et magique. Une ode et déclaration d’amour à la forêt et à la nature, à la vie et à la mort.

Quatrième de couverture de « Bambi ».

« Le magicien d’Oz »

Auteur : Lyman Frank Baum – Sébastien Perez

Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel

Genre : Beau livre – jeunesse – classique

Date de parution : 07/11/2018 

Nombre de pages : 120

Prix : 28,55€ (prix Belgique)

première de couverture

Me voici avec un classique de la littérature enfantine anglophone, revu et illustré par Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Le magicien d’Oz, un roman et un film culte et pourtant… Je n’avais ni jamais lu le livre original, ni vu les adaptations cinématographiques de cette histoire !

C’est maintenant chose faite avec cette adaptation en livre illustré. En effet, ce livre ne contient pas le texte original mais bien une retranscription personnelle de l’histoire par l’auteur Sébastien Perez et les illustrations de Benjamin Lacombe. L’histoire nous est ici contée par l’épouvantail et le texte a été fluidifié et la légèreté d’écriture permet une lecture rapide, plaisante et accessible à tous. 

Même si l’écriture est légère, ce n’est pas pour autant qu’elle n’est pas riche ou vide de sens. Je pense, et c’est mon avis personnel, que les adaptations de ce genre permettent la connaissance d’œuvres classiques à un public plus large que les versions originales, parfois trop pompeuses ou complexes à lire pour les lecteurs occasionnels ou les plus jeunes… et c’est tant mieux !

Voici le résumé proposé sur la quatrième de couverture : Quand ils se rencontrent au Pays du magicien d’Oz, Dorothy ne peut pas rentrer chez elle, l’homme de fer n’a pas de cœur, le lion manque de courage et l’épouvantail qui nous raconte leurs aventures est sans cerveau. Effrayés par le pouvoir d’Oz et des sorcières, ils trouveront en eux ce qu’ils cherchaient ailleurs.

En plus du récit, une analyse de l’histoire en fin d’ouvrage permet de mieux comprendre le contexte dans lequel a été écrit ce roman et les thèmes/critiques qui en découlent.

Nous retrouvons d’ailleurs le thème du capitalisme et de la toute puissance du dollar au travers des dessins et de la palette des verts employée tout au long du livre. 

Illustration avec la dominante de vert présente dans tout l’ouvrage.

Ce qui m’a le plus séduit au niveau de l’écriture est sans doute la manière dont l’épouvantail nous conte ses aventures : simple, naïve sans détours ou suppositions. Il va droit au but et c’est rafraichissant de trouver un personnage aussi simple et sincère alors que dans la société actuelle, nous devons constamment peser nos mots et tourner notre langue sept fois dans notre bouche avant de parler.

Quant aux illustrations, elles sont absolument magnifiques ! Je suis absolument et totalement fan du travail de Benjamin Lacombe et je me suis lancée dans la collection des livres qu’il illustre (bon, ça va me prendre du temps car il y en a déjà une petite série et les prix ne sont pas donnés). 

Les illustrations, en nuances de vert, font référence à l’art nouveau et à l’art déco et sont un réel plaisir pour les yeux.

Rencontre de Dorothy avec l’épouvantail.

Il s’agit d’un ouvrage de qualité, aussi bien par le superbe travail d’écriture (ce n’est pas évident de remettre un classique au goût du jour tout en ne dénaturant pas l’histoire originale) et par l’extrême beauté des dessins mettant en valeur les thèmes et valeurs abordés dans le roman.

Il me tarde de découvrir les autres classiques illustrés de cette collection, dirigée par Benjamin Lacombe lui-même, même s’il n’est pas l’illustrateur des autres livres.

Quatrième de couverture.
Exemple d’illustration du livre.